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Les présidents de la Chambre des communes du Canada

 

L’honorable Rodolphe Lemieux
C.P. (1922-1930)

Au moment de son élection à la présidence, à l’âge de 55 ans, Rodolphe Lemieux s’était déjà distingué dans diverses fonctions très variées. À la fin de 1922, il avait déjà été avocat, professeur de droit et ministre fédéral à la tête de cinq ministères différents. Au total, il fut élu dix fois comme député libéral (12 fois en fait, car à deux occasions, il se présenta dans deux circonscriptions simultanément – ce qui était permis à l’époque – et les remporta). Quand il fréquentait l’Université d’Ottawa, il allait souvent écouter les débats en Chambre au lieu d’étudier. Il mit rapidement ses talents d’orateur au profit du parti libéral.

Fort de la confiance du premier ministre sir Wilfrid Laurier, Lemieux fit son entrée en Chambre en 1896, au moment de l’arrivée au pouvoir de celui-ci. Il fut son lieutenant fidèle jusqu’à la défaite de Laurier aux mains du conservateur Robert Borden en 1911. Les relations de Lemieux avec le premier ministre Mackenzie King étaient loin d’être aussi cordiales, cependant (en 1921, King avait battu Arthur Meighen, le successeur de Borden au poste de premier ministre). Peut-être jaloux de la position d’Ernest Lapointe en tant que lieutenant de King au Québec, Lemieux refusa un poste ministériel, mais il accepta que King propose sa candidature à la présidence.

La première élection de Lemieux à la présidence, en 1922, ne se déroula pas sans incident. Le chef de l’Opposition, Arthur Meighen, reconnut que Lemieux était un excellent candidat comptant 25 années de service continu en Chambre. Toutefois, deux mois auparavant, à l’annonce faite par King que Lemieux serait choisi comme président, Meighen s’était opposé vigoureusement, puisque c’était comme si le premier ministre procédait à une nomination plutôt qu’à une proposition de candidature. Il rappela aussi la tradition voulant que l’on propose la candidature du vice-président pour succéder au président sortant (tradition qui n’avait pourtant pas toujours été suivie).

Lemieux fut réélu président et pour la 15e législature et pour la 16e. Mais, en décembre 1926, lors de l’élection du président, le chef suppléant de l’Opposition, le conservateur Hugh Guthrie, s’opposa officiellement à la candidature de Lemieux, car elle contrevenait à l’usage : depuis le début de la Confédération, on alternait en effet entre des présidents anglophones et francophones. Après un long débat, Lemieux fut néanmoins réélu; il est ainsi le premier président à avoir dirigé trois législatures consécutives.

Libéral convaincu depuis plusieurs décennies, Lemieux s’efforça tout de même, dans son rôle de président, de se tenir à l’écart de la politique partisane. Cette décision se révéla très judicieuse pendant l’affaire King-Byng de 1926, crise constitutionnelle au cours de laquelle il assuma la présidence. Lorsque Lemieux quitta ses fonctions en 1930, King le nomma au Sénat.

Après une carrière de journaliste aux publications La Patrie, La Presse et Montreal Times, Rodolphe Lemieux écrivit deux textes de nature juridique et de nombreux essais politiques.

Président suivant : L’honorable George Black

Président précédent : L’honorable Edgar Nelson Rhodes


Artiste : Jacqueline Comerre Paton
Date: vers 1924

Naissance : Montréal (Québec), 1866

Décès : Montréal (Québec), 1937

Secteurs d’activité professionnelle : droit

Affiliation politique : libéral

Carrière politique :

Premier ministre pendant sa présidence :